Lexique de l'Espagne Moderne
Michel Boeglin - Vincent Parello
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Velázquez, Les lances Version imprimable ajouter au classeur

Diego Rodríguez de Silva y Velázquez, La rendición de Breda ou "Las Lanzas" (antérieur à 1635), 3,07 x 3,67 m., Musée du Prado, Madrid.

tableau velasquez la redicion de Breda

Diego Rodríguez de Silva Velázquez, La rendición de Breda ou "Las Lanzas", 3,07 x 3,67 m., Musée du Prado, Madrid.
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Ce tableau, l'un des plus célèbre de Velázquez (1599-1660), représente l'instant où le gouverneur de la ville de Breda, assiégée durant plus de neuf mois remet les clés de ville, en signe de capitulation, au général des troupes espagnoles, le marquis de Spínola.

Le tableau est composé de deux groupes de personnes et, au milieu, les clés se détachent sur un fond lumineux qui met en valeur le geste des deux militaires. Deux chevaux resserrent l'espace central par la façon choisie par le peintre de les représenter : celui de Spinola est vu de derrière, avec sa puissante croupe alors que celui de Justin de Nassau regarde en direction du public. A gauche, se trouvent les Hollandais vaincus, aux mines défaites et fatiguées, avec, face à eux, les Espagnols dont les piques, fièrement dressées à la verticale, témoignent de la victoire et de la puissance des troupes qui ont mené l'assaut final. Le traitement du paysage, l'organisation de l'espace central en demi-cercle, la représentation de la reddition et le choix des couleurs sont d'une profonde originalité et témoignent de l'assurance de Velázquez, alors déjà promu peintre de cour.

Réalisé sur commande pour décorer le salon des ambassadeurs du roi Philippe IV et exalter la puissance de l'armée espagnole au temps des Habsbourgs, ce tableau s'éloigne des scènes de guerre habituellement présentées. Dans cette reddition du gouverneur de Breda, Velázquez a voulu dépeindre l'hidalguía traditionnelle espagnole, transmettre les valeurs chevaleresques qui régissent le code d'honneur des militaires : ici, le vainqueur dans un geste de magnanimité envers le vaincu, l'empêche de s'agenouiller et de s'humilier inutilement au moment de remettre les clés. Signe de la générosité espagnole et du respect dû à l'adversaire qui s'est distingué au combat, Velázquez a choisi de représenter Spínola au pied de son cheval et non sur celui-ci, comme le veut la tradition, au moment de recevoir la reddition des Hollandais. Les souffrances et les horreurs de la guerre sont, quant à elles, à peine suggérées à travers les flammèches et les nuages de fumée qui s'échappent de la ville de Breda au loin.

 
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